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La collaboration, l’avenir de l’informatique

La collaboration, l’avenir de l’informatique

Collaborer en informatique est devenu sans aucun doute l’approche professionnelle la plus recherchée aujourd’hui. Des outils collaboratifs informatiques naissent tous les jours et cela au profit de chacun. Pourtant, il y a moins de 20 ans, la collaboration n’était pas d’usage. Que s’est-il passé pour que ce soit maintenant devenu nécessaire ?

 

Qu’est-ce qui a fait de Google ce qu’il est aujourd’hui si ce n’est sa volonté de rassembler des connaissances, des informations ou des personnes,… L’idéal de l’entreprise a toujours été centré sur la collaboration informatique. D’ailleurs, peu connaissent les noms des créateurs de Google et encore moins de celui qui est à la fondation du célèbre « World Wide Web ».

 

L’effet pervers des réseaux sociaux

 

Ce désir d’être utile pour une cause que l’on juge noble et ne pas se sentir seul à la défendre est marqué depuis une vingtaine d’années par l’arrivée des réseaux sociaux. Il est plus simple en effet de trouver une personne partageant son amour pour l’agriculture collaborative aujourd’hui qu’hier. Et l’impact d’une photo, d’une vidéo ou d’un texte est démultiplié par ceux-ci. Cependant, si on a l’impression de changer le monde, la puissance de propagation d’un tweet ou d’un commentaire nuit souvent plus qu’elle ne nourrit. Le partage d’idées devient plus souvent un combat d’opinion qu’un réel échange constructif cherchant à proposer d’autres points de vue. Cela favorise les avis populaires et ne permet que très rarement, ou en tout cas très lentement, aux idées nouvelles de sortir du cadre de l’idée. Pour qu’une idée surgisse de la masse et devienne action, il faut qu’elle soit partagée par la majorité. Le partage d’informations profite toujours aux grands groupes et désolidarise les moins réactifs. Cela ne laisse plus beaucoup de place à la critique constructive et on se sent souvent obligé de prendre parti sans même connaitre tous les enjeux du débat pour ne pas être exclu du groupe.

 

Repenser notre utilisation d’internet pour en faire un outil de collaboration informatique au service de ses utilisateurs.

 

Les réseaux sociaux ont permis à chacun de potentiellement se faire remarquer et devenir un acteur ou un influenceur par l’étalage plus que par le véritable partage de ses idées, ses avis ou ses opinions,… bref de sa vie. Il est finalement plus simple de trouver un public ou une attention en parlant de soi plutôt qu’en suscitant le partage et les réactions au risque qu’elles soient parfois vives. Le partage de sa personne est devenu plus rentable que le partage de ses connaissances et on peut voir là une forme de prostitution 2.0.

Tout est pourtant parti d’une bonne idée. L’idée de partager ce que l’on connaît ou croit connaître avec comme objectif de faire évoluer le groupe avant sa propre personne. C’est ce qui différencie d’ailleurs Google de Facebook. En fait, beaucoup connaissent le nom du créateur de Facebook. C’est bien plus simple de prendre pour responsable un individu se présentant au-dessus de la masse.
Facebook est bien plus souvent la cible médiatique que Google et M. Zuckerberg sera touché plus rapidement que M… Google. L’objectif de tout projet, collaboratif ou non, doit être la volonté de nourrir le projet avant que le projet nourrisse l’initiateur. La bonne gestion se veut d’élever son projet plutôt que de chercher à voir un projet élever son gestionnaire. Un mauvais gestionnaire se cachera derrière son travail là ou un bon projet se défendra tout seul. Les réseaux sociaux n’ont ainsi pas réussi à apporter des solutions efficaces à ce désir de collaboration en informatique.

 

 

L’avènement des outils collaboratifs

 

Les outils collaboratifs sont la solution aux projets les plus innovants. C’est par ces nouveaux outils que la collaboration informatique pourra vraiment atteindre son objectif. Microsoft, Google, Twitter et Facebook désirent embrayer le pas en se rassemblant autour d’un projet commun appelé Data Transfer Project (DTP). Celui-ci a été fondé en 2017 et présenté le 20 juillet dernier dans un livre blanc. Il a pour objectif de transférer des informations de manière chiffrée, sans intermédiaire et uniquement quand l’utilisateur le demande. Le code du projet est par ailleurs open source, librement accessible par n’importe quel développeur sur Github, ce qui fait qu’il n’est pas sous le contrôle d’une entreprise en particulier. Le DTP vise à faciliter le transfert, d’une plateforme ou d’une application à l’autre, d’informations allant de ses contacts à ses photos en passant par ses agendas ou l’historique de ses activités sur le web.
Dans la même idée, Volkswagen est en discussion avec Ford en vue d’un partenariat pour fabriquer en commun une gamme de véhicules utilitaires légers. Si l’accord est pour l’instant tourné vers une coopération industrielle, Volkswagen ne ferme pas la porte à d’éventuelles coopérations dans d’autres domaines.
Toujours dans le même cadre, la Chine pourrait devenir un leader mondial de l’IA d’ici 2030 par cette plate-forme open source qui aidera les scientifiques chinois à développer de nouvelles générations d’intelligence artificielle. « Les plates-formes open-source sont nécessaires parce que l’IA peut jouer un plus grand rôle dans le développement et faciliter l’accès des entrepreneurs aux ressources » a déclaré Wan Gang lors d’une conférence de presse à l’occasion de la session de l’Assemblée populaire nationale en mars de cette année.

Un développement d’outils de collaboration informatique de ce type peut aussi se faire en France comme le confie Antoine Bordes, patron du laboratoire Facebook AI Research (FAIR). « Cela peut-être une initiative autour de ce que l’on appelle maintenant le ‘AI for good’, c’est-à-dire un modèle vertueux permettant aux ONG et aux experts de l’IA de travailler ensemble. Il y a eu un événement sur ce thème organisé par France Digitale et les choses commencent à se mettre en place, mais le rapport aurait pu proposer d’associer les labos d’IA comme le nôtre, les écoles d’informatique et les ONG qui sont confrontés à des problèmes que l’IA peut aider à résoudre. » Extrait tiré de l’interview réaction à la sortie du rapport Villani, du nom du mathématicien Cédric Villani, sorti en mars dernier. Ce rapport tire une analyse sur le développement des IA en France en posant notamment les problèmes d’éthique.

 

 

Et l’IA dans tout ça ?

 

L’exercice de la définition de l’IA est difficile à compléter. «En ce moment, il y a plus de 110 définitions de l’intelligence artificielle», explique Alexandre Vallières, cofondateur d’AIWorks, lors d’un échange porté sur la transformation du monde du travail et de l’enseignement par l’intelligence artificielle. Ce dernier mentionne qu’au sein de son entreprise, trois piliers composent l’IA : la perception, un cerveau en mesure d’apprendre et de prendre des décisions et une capacité d’action.
Les exemples d’IA qui posent un problème d’éthique sont nombreux. Comme la compagnie L’Oréal qui fait de la reconnaissance faciale pour déterminer quelle candidate ou candidat est le plus approprié(e) pour travailler chez eux… On commence à faire des prédictions sur les valeurs et les principes moraux des gens. C’est une application de l’IA qui prédit des comportements et une personnalité. « On peut y voir quelque chose de problématique, notamment parce qu’il y a quelqu’un en arrière qui a déterminé quels indicateurs utiliser et qu’on ignore comment ces indicateurs-là sont créés», confie Frédérick Plamondon présent lors de cet échange. Du délit de faciès intelligent… Mince !

Beaucoup réagissent. KAMY notamment développe son étude permettant de définir les IA avec lesquelles l’entreprise travaillera. C’est exactement ce qu’a aussi fait Google en donnant 7 principes sans lesquels le moteur de recherche refuse de développer une IA.
L’idée de rédiger une norme en concertation, réunissant un maximum d’acteurs dans le domaine allant du créateur à l’utilisateur en passant par le distributeur serait une action collaborative.

 

 

La collaboration informatique au service des internautes

 

L’EOSC, pour European Open Science Cloud va aussi dans ce sens. L’organisme a pris forme en 2015 en tant que vision de la Commission européenne d’une vaste infrastructure destinée à soutenir et à développer la science ouverte et l’innovation ouverte en Europe et au-delà. L’entité devrait devenir une complète réalité d’ici 2020 et constituera l’environnement virtuel européen permettant à tous les chercheurs de stocker, gérer, analyser et réutiliser des données à des fins de recherche, d’innovation et d’éducation. Il s’agit d’un outil collaboratif public permettant à chaque acteur du domaine de construire, développer, proposer des idées, des solutions, des développements et de partager les connaissances dépassant la seule consécration personnelle et égoïste d’une réussite. Cette plateforme permettrait aussi de s’assurer d’un certain contrôle commun (et non aux mains des sociétés dominantes) sur les différentes technologies et éviter les effets nocifs comme le montre cette vidéo très réussie. Si on ne désire pas voir notre liberté entre les mains des plus gourmands, il est temps d’agir en partageant plus intelligemment nos informations et en favorisant le développement de ces outils de collaboration informatique. C’est une question de survie.

 

Repenser notre utilisation d’internet pour en faire un outil de collaboration informatique au service de ses utilisateurs.

 

Le lauréat du prix Alan Turing, anobli par la Reine d’Angleterre, Tim Berners-Lee chapeaute depuis 2016 au MIT le projet Solid. Celui-ci correspond à une architecture qui découple applications et données. Chaque individu (re)devient propriétaire de ses données et les stocke sur le service cloud de son choix ou sur ses propres terminaux. Il possède ensuite des clefs permettant de donner l’accès à différents services. « Dans ce système, plus besoin d’être sur Flickr pour voir les photos de ses amis – il est possible d’utiliser une application concurrente pour les visionner » , explique-t-il. Le projet est encore au stade de développement, mais Tim Berners-Lee espère qu’il pourra proposer un compte Solid à tous les internautes d’ici quelques mois. On pourra alors considérer que les nouveaux outils collaboratifs informatiques seront sans conteste au service de chacun.
Ah oui, en fait, Tim Berners-Lee n’est autre que l’inventeur du célèbre « www »….

 

 

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